Prototypes nationaux et prototypes européens dans l’interaction interculturelle : quelles valeurs identitaires pour une communication entre Européens ?

Alex Frame
Université de Bourgogne
et IUT de Dijon

Cet article s’interroge sur les identités (nationales, européennes ou autres) mobilisées par des individus de nationalités différentes dans une interaction interpersonnelle. Les identités dont il sera question ne naissent pas de considérations citoyennes des rapports entre l’individu, la nation et les instances supranationales, mais d’un sentiment individuel de l’appartenance des uns et des autres à différents groupes sociaux, ancré dans un contexte communicationnel. L’article s’appuie sur la notion d’identité définie par les interactionnistes symboliques américains, à travers leurs deux théories complémentaires qui traitent de ce concept : Identity Theory (théorie de l'identité, ou IT) et Social Identity Theory (théorie de l'identité sociale, ou SIT). Ces théories partagent un certain nombre de présupposés sur l’identité ; notamment que l’identité assumée par l’individu dans une situation précise résulte d’un processus dynamique de catégorisation de soi (identification) qui fait référence à une structure sociale préétablie. L’individu dispose ainsi de multiples identités potentielles socialement définies, identités activées (rendues saillantes ou « salient ») dans un contexte social précis. Dans une perspective interactionniste symbolique, l’article s’intéresse au rôle des stéréotypes et des prototypes nationaux et européens dans les interactions interpersonnelles qui impliquent des individus de nationalités européennes différentes. Il s’appuie sur une enquête électronique, menée à l’échelle européenne à partir d’un cadre associatif multiculturel, pour définir quelles peuvent être ces identités prototypiques européennes, et la manière dont elles peuvent varier d’une nationalité à une autre.

Se représenter l’autre dans une interaction interculturelle : du stéréotype au prototype
Les partisans de la théorie de l’identité s’intéressent au rôle joué par l’individu au sein d’un groupe : rôle associé à une image de soi projetée, véhiculée par les actions de l’individu ; rôle socialement structuré et lié à une définition de la situation, qui suppose enfin un comportement complémentaire de la part des autres participants. Ainsi, l’action de chaque individu contribue à définir la situation en cours, à revendiquer pour soi-même une identité sociale, et à projeter sur autrui une ligne de conduite liée au rôle social complémentaire qui lui est implicitement attribué. Les théoriciens de ce courant emploient la notion de hiérarchie de saillance (« salience hierarchy »), pour expliquer que l’individu dispose parfois d’un degré de choix entre plusieurs identités potentielles dans un contexte social donné, tout en soulignant que la saillance des identités est liée avant tout aux structures sociales sous-jacentes , qui fournissent des définitions communes des situations et des rôles que les individus peuvent incarner. La présupposition que les autres partagent avec lui le même ensemble de structures sociales permet à l’individu de considérer ces autres comme responsables de leurs actes symboliques, et compétents pour comprendre les siens.

Or, lorsqu’une interaction implique des individus de différentes cultures, cultures qui semblent aux uns et aux autres comporter des structures sociales distinctes, le principe de la prévisibilité d’autrui peut être remis en cause. Dans certains cas, l’individu peut postuler l’imprévisibilité de l’autre, dont le comportement semble dicté par des règles et des normes qu’il ignore. Ainsi, il peut remettre en cause partiellement ou totalement la valeur prévisionnelle d’informations comme l’âge, le sexe ou la profession de l’autre, informations perçues comme importantes dans la définition des rôles lors d’une interaction monoculturelle. Puisque la socialisation primaire est généralement associée à un société nationale, lorsque des individus de nationalités différentes sont impliquées dans une interaction, les informations sur la culture nationale peuvent très bien être considérées comme plus signifiantes que les autres indices identitaires. Ainsi, l’individu est susceptible de faire appel à ses représentations sociales du groupe culturel d’autrui, représentations qui prennent parfois la forme de stéréotypes.

A la fois cognitifs et sociaux, les stéréotypes fournissent aux individus une série de représentations toutes faites, leur permettant de catégoriser ce qu’ils n’ont jamais ou peu connu personnellement. Constamment réactualisés dans le système (quasi) hermétique du discours social, ils sont souvent composés de traits contradictoires, et le même stéréotype peut être positif ou négatif selon le contexte de son utilisation. La nature réductrice des représentations stéréotypées en général facilite le travail de catégorisation et fournit à l’individu une vision du monde différenciée, vision socialement cohérente et consensuelle. Le stéréotype n’a pas besoin d’être très sophistiqué car cette fonction structurante de l’expérience se fait souvent en dehors de tout contact direct avec le groupe stéréotypé. Dans l’interaction avec des membres de ce groupe, l’individu peut avoir recours à des stéréotypes pour prédire leur comportement. A d’autres moments, les stéréotypes peuvent lui sembler peu applicables aux individus face auxquels il se trouve ; dans ce cas ils sont provisoirement écartés pour laisser la place à des représentations plus complexes, mais ils restent toujours des explications potentielles qu'il peut activer face à des comportements ressentis comme étranges.

Pour caractériser les représentations grâce auxquelles l’individu peut prendre en compte la complexité de l’autre, au-delà des stéréotypes, Violaine de Nuchèze propose la notion de prototype. Empruntée à la sémantique, qui la doit à la psychologie, cette notion est utilisée dans des travaux portant sur le domaine de l’interculturel comme un complément du stéréotype, une catégorisation plus large et flexible de l’autre. Le prototype (son étymologie évoque un « premier modèle » non définitif donc évolutif) est utilisé en sémantique pour exprimer la gradualité d’une classe d’objets dont les caractéristiques sont « généralement » ou « souvent » (et non pas systématiquement) partagées par les membres. De Nucheze s’appuie sur la version « étendue » du concept pour s’intéresser au « degré de typicalité » d’un objet qui se situe entre le centre (objet typique) et la périphérie (objet non-typique) de la classe. Lorsqu’elle applique cette notion à la rencontre interculturelle, l’auteur s’en sert pour expliquer la prise en charge cognitive par l’individu des éléments inattendus dans le comportement de l’autre (non conformes aux stéréotypes). Un prototype est une catégorie élargie qui permet à l’individu d’intégrer dans sa réflexion, d’un point de vue pragmatique, la dissonance cognitive par rapport à une vision stéréotypée. Un stéréotype est ainsi défini comme « un prototype figé ».. En abondant dans le sens de De Nuchèze, nous opposons le prototype au stéréotype non seulement dans son étendue mais dans sa nature même. Alors qu’un stéréotype est une représentation sociale produite en l'absence de contact direct avec le groupe concerné , un prototype est un dispositif sociocognitif individuel adapté aux situations de contact et employé lors de chaque rencontre avec un inconnu d’origine étrangère.

Selon cette définition, le prototype peut être compris comme une représentation de départ, très large, des membres d’une catégorie sociale recouvrant tous les traits possibles que l’individu associe aux membres du groupe. En tant que représentation préfigurée, le prototype est propre à l’individu et évolue au fil de ses contacts avec les membres de la culture représentée. Il contient des identités plus ou moins centrales ou périphériques, associées à un système de valeurs dont l’individu peut se servir pour rendre prévisibles les actions de l’autre. Lors d’une rencontre avec un inconnu que l’individu identifie comme appartenant à un groupe particulier, le prototype associé au groupe sera utilisé pour prévoir le comportement de cet inconnu. Au fur et à mesure de l’interaction, certains traits qui ne correspondent pas à l’individu seront éliminés alors que d’autres seront confirmés, de façon à passer progressivement d’une identité catégorielle prototypique à une identité individualisée spécifique à l’autre. Cela n’exclut pas des retours à une identité davantage prototypique voire stéréotypique face à la dissonance cognitive lorsque l’autre se comporte de manière inattendue. Même si, passés les premiers instants de l’interaction, l’identité de l’autre se différencie progressivement par particularisation de la représentation prototypique du groupe, ce prototype, enrichi suite à chaque contact, est conservé par l’individu pour des utilisations ultérieures.

Du prototype national au prototype européen
Ainsi défini, un prototype est un cadre identitaire intériorisé préfiguré (une grille de lecture), projeté par l’individu sur un membre d’un groupe lors d’une interaction, afin de rendre celui-ci plus prévisible dans ses actes. Or, dans le contexte d’une interaction interculturelle, la notion de prototype peut également être appliquée à des regroupements autres que nationaux (par exemple : le prototype européen), groupes auxquels l’individu peut lui aussi appartenir. De cette façon, l’individu peut projeter un prototype sur autrui, ou alors considérer le prototype comme un dénominateur commun identitaire et culturel qui unit les participants à une interaction. La suite de cet article sera consacrée à l’étude des prototypes européens et nationaux dans le contexte d’une association étudiante européenne (AEGEE ). Il cherchera à explorer les liens entre les deux niveaux (national et européen) de présentation de soi et d’autrui, et à déterminer les conditions dans lesquelles l’un et l’autre deviennent saillants pour les individus lors d’une interaction. Avant de présenter les résultats de notre enquête sur la nature du prototype européen, les conditions qui pourraient favoriser l’activation d’un prototype supranational européen seront discutées, sous la forme de trois situations-types propices à ce niveau d’identification.

La première situation-type dans laquelle le prototype européen est susceptible d’être activé concerne les relations intergroupes entre Européens et non-Européens. La SIT s’est penchée sur les mécanismes de maintien de la cohésion interne des groupes, liés à la survalorisation des groupes d’appartenance et à la dévalorisation des groupes qui leur sont opposés. Fredrik Barth (voir supra) avance l’hypothèse selon laquelle les distinctions entre les groupes sont souvent construites en fonction d’un contexte social. Dans son étude ethnographique de la Maison internationale de Philadelphie, Yves Winkin (1996) remarque que, parmi les étudiants de différentes nationalités, il s’était formé un groupe d’Européens, dont l’identité reposait sur l’idée de leur supériorité prétendue relative aux Américains. Le groupe maintenait son identité propre en cherchant des preuves de l’infériorité de ses hôtes. Ainsi, une des valeurs qui constituait le prototype européen de ce groupe pouvait être « la supériorité face aux Américains ». Ensuite, le contexte (l’hébergement avec d’autres nationalités dans une résidence universitaire aux Etats-Unis grâce à une initiative américaine), les événements et les expériences des membres du groupe, ont fait émerger cette signification plutôt qu’une autre. Les membres du groupe « européen », au nom de la cohésion et de l’émulation intragroupe, ont alors tout fait pour valider ce trait identitaire. Il est presque impossible de prévoir a priori quel trait d’un prototype sera activé dans quel contexte. Le groupe étudié par Winkin aurait très bien pu choisir un autre trait différenciateur, voire plusieurs, dans des conditions similaires. L’intérêt d’étudier les contenus des prototypes consiste à dresser une liste des traits (virtuels) susceptibles d’être activés à travers différents contextes.

Une deuxième situation-type propice à la mobilisation du prototype européen, cette fois au niveau individuel, se produit lorsque l'individu se trouve face à un ou plusieurs Européens de nationalité inconnue. Il s’agit d’un cas de figure que nous avons pu observer à plusieurs reprises lors de périodes d’observation participante au sein de l’AEGEE. Face au manque de connaissances sur l’identité de l’autre , l’individu peut se servir dans un premier temps du prototype européen comme représentation préfigurée de son interlocuteur, mais également pour déterminer son propre comportement, pour essayer d’augmenter la transparence de la rencontre. L’utilisation du prototype européen dans ce contexte ne peut qu’être passagère . A la différence de la première situation décrite, les participants à une interaction ne cherchent pas forcément à instaurer une identité de groupe européenne, mais simplement à compenser un manque d’informations sur le cadre culturel à appliquer à l’interaction.

Le troisième cas de figure correspond à des situations dans lesquelles le recours au prototype européen relève d’une dynamique intragroupe. Ainsi, pour des raisons idéologiques, on peut souhaiter faire oublier les différences culturelles au sein d’un groupe afin de vivre une relation euphorique de complicité. Cette situation-type dans laquelle l’identité européenne est un idéal à atteindre, semble risquer à tout moment de sombrer dans la dysphorie, face à un constat collectif de différences entre les membres du groupe. Lorsque les individus cherchent activement à maintenir l’identité européenne du groupe, ils peuvent choisir de présenter ces différences comme superficielles, ou alors de voir en elles les marques de la richesse culturelle du groupe. Turner se réfère au principe « primus inter pares » de Codol pour expliquer le fait que le constat de différences entre les membres d’un même groupe ne semble pas pour autant menacer la cohésion ou l’identité de celui-ci :

The fact that individuals compete to enact the same criterial attributes, that they compete to be the first among equals on those dimensions which describe what they have in common as group members, may explain how social differentiation serves to unify relations within groups as opposed to disrupting them as it often seems to do between groups.

L’utilisation du prototype européen dans ce contexte est davantage culturelle qu’identitaire dans la mesure où sa mobilisation sert non pas à renforcer les distinctions entre groupes, mais à fournir un cadre à une interaction, avec des valeurs culturelles (supposées) communément admises. En se conformant au prototype, l’individu cherche à rapprocher son comportement de celui imputé à autrui, donc à favoriser la mise en place d’un cadre comportemental prévisible, davantage propice à un échange de sens mutuellement décodable et acceptable. Il est également tout à fait envisageable que l’individu ait simultanément recours à une version actualisée du prototype européen pour cadrer ses propres actions, et à une grille de lecture fondée sur un prototype national pour s’expliquer les réactions des uns et des autres. De même, en fonction des choix identitaires de l’individu (en fonction des conditions de saillance générées par la situation et par le groupe), le prototype européen peut soit être revendiqué comme une identité symbolique affichée par l’individu, soit être mobilisé de façon implicite seulement (l’individu s’en sert pour déterminer ses actions, mais ne s’associe pas explicitement à l’identité européenne).

Pour ces trois situations-types (liste non exhaustive ), deux commentaires supplémentaires s’imposent. D’une part, il faut souligner que la forme de l’identité européenne activée sera déterminée en très grande partie par le contexte spécifique de l’interaction. Au mieux, le prototype européen peut fournir une réserve de traits identitaires potentiels ; le choix de celui (ou ceux) activé(s) dans la situation, et la forme qu’ils prennent, dépend d’une négociation entre les participants. D’autre part, il convient de mettre l’accent sur le pouvoir d’un dispositif institutionnel à imposer ses propres normes sur une interaction. Dans le cas de l’AEGEE, cité comme exemple pour illustrer la deuxième situation-type, le chercheur peut se poser la question de savoir si le prétendu cadre culturel européen que les membres de l’association projettent sur leurs rencontres avec des inconnus, ne serait pas plutôt le reflet d’une culture étudiante, ou d’une culture propre à l’association. Ces limites servent à souligner la prudence nécessaire pour aborder la question de l’activation des prototypes, pour laquelle une approche ethnographique s’avérera sans doute intéressante. L’analyse des résultats de notre enquête cherchera uniquement à identifier dans l’absolu les contenus potentiels du prototype européen, et la façon dont ces contenus peuvent varier d’une culture nationale à une autre.

La nature du prototype européen : l’enquête et ses limites
L’enquête électronique, composée de deux questionnaires successifs, s’est déroulée entre mai et septembre 2005. Les résultats de chaque questionnaire ont fait l’objet d’une discussion a postiori dans un atelier composé d’un groupe représentatif de l’échantillon. La pré-enquête (le premier questionnaire) visait à obtenir des données de nature qualitative, tout en laissant aux répondants la plus grande liberté possible dans leurs réponses. Les réponses que les quarante-deux répondants (échantillon test) ont données aux onze questions ouvertes ont été clarifiées lors de la discussion en atelier. Grâce à l’analyse de la pré-enquête et à la discussion, la majorité de ces questions ont été transformées en questions fermées dans le questionnaire final, afin de le rendre plus facile à compléter et à analyser de façon quantitative. Les modalités des questions fermées du questionnaire final sont basées sur les réponses obtenues à une ou plusieurs questions ouvertes de la pré-enquête, complétées si nécessaire selon le principe des paires contrastées.

Le deuxième questionnaire visait à obtenir des résultats d’ordre quantitatif (sur un échantillon plus important) pouvant servir à établir des comparaisons entre des strates de la population totale, selon des modalités prédéfinies. Il a fait l'objet de 322 réponses (dont 315 exploitables ) de trente-six pays (dont trente-trois pays et 310 répondants sur le continent européen). 53% des répondants étaient des femmes ; 57% étaient étudiants, 41% actifs et 2% retraités ou au chômage ; la moyenne d’âge était de vingt-sept ans (maximum 81, minimum 16). Au minimum, un tiers des répondants étaient membres de l’AEGEE. L’échantillon comprend trois nationalités pour lesquelles n=30 : les Français (n=55), les Allemands (n=40), les Britanniques (n=32), auxquelles ont été rajoutés les Roumains (n=29). Ces quatre nationalités disposent d’un effectif assez élevé pour nous permettre de comparer des variables dépendantes entre elles, mais à elles seules elles ne reflètent pas la diversité de l’échantillon. Pour mieux prendre en compte celle-ci, les pays du continent européen ont été divisés en quatre régions :

Zone 1.Sud-Ouest (latin) Pays Espagne ; France ; Italie ; Portugal
Zone 2.Nord-Ouest (germanique) Pays Allemagne ; Autriche ; Belgique ; (Danemark) ; Finlande ; (Irlande) ; (Islande) ; (Liechtenstein) ; (Luxembourg) ; Pays-Bas ; (Norvège) ; Royaume-Uni ; Suède ; Suisse
Zone 3. Est Pays Biélorussie; République Tchèque; Estonie; Hongrie; Lettonie; Lituanie; (Moldavie) ; Pologne; Roumanie; Russie; Slovaquie; Slovénie; (Ukraine)
Zone 4. Centre-Sud Pays Albanie; Bulgarie; Bosnie-herzégovine; Croatie; Chypre; Grèce; République Macédoine; Malte; Serbie et Monténégro; Turquie

La portée de l’enquête connaît un certain nombre de limites liées à la méthodologie employée et à l’échantillonnage. D’un point de vue méthodologique, le questionnaire porte sur les représentations déclarées des répondants à propos de leurs interactions, alors qu’ils ne se trouvent pas dans une situation d’interaction au moment d'y répondre. Malgré l’anonymat affiché, il se peut que des considérations sociales aient parfois favorisé les réponses « politiquement correctes » aux questions sur les représentations, notamment, par exemple, si l’individu s’est senti responsable de l’image de son groupe national. Au niveau de l’échantillon, l’utilisation exclusive de la langue anglaise pour le questionnaire a vraisemblablement introduit des problèmes de compréhension, limité les possibilités d’expression et simplement empêché certains de répondre. L’accès à Internet reste aujourd’hui un autre facteur d’inégalité , bien qu’un public étudiant puisse souvent y arriver facilement par le biais des universités. Il est fort probable que le mode de sélection de l’échantillon (contacts personnels et par le biais de l’association sur la base du volontariat), ainsi que la lecture du questionnaire en lui-même, attiraient davantage ceux qui s’intéressaient déjà à l’Europe, proeuropéens de surcroît. Concernant la question sur le prototype européen : malgré toutes les précautions prises dans le choix des modalités, l’utilisation de questions fermées limite les possibilités d’expression d’un répondant (bien que leur utilisation évite le degré de subjectivité introduit par le recodage a posteriori de questions ouvertes). Les répondants du premier questionnaire étaient tous des membres de l’AEGEE, et étant donné que les questions fermées étaient ensuite établies en fonction des réponses à ce premier questionnaire, il s’ensuit que les modalités retenues ne sont adaptées que pour le public de l’association. Les réponses fournies par des non-membres au deuxième questionnaire ne peuvent ainsi pas servir à établir un prototype européen propre à ce public : elles ont uniquement une valeur contrastive par rapport aux réponses des membres de l’association. Enfin, une dernière faiblesse de l’enquête est contextuelle, car elle a été menée dans le climat politique très particulier qui a suivi les « nons » français et néerlandais aux référendums sur le projet de constitution européenne à la fin du mois de mai 2005. Nonobstant ces limites considérables, l’enquête nous permet d’identifier des tendances représentationnelles valables dans l’absolu pour les membres de l’AEGEE. Les remarques suivantes sont à interpréter dans ce contexte.

L’objectif premier de l’enquête était d’identifier les représentations associées à l’Européen par la population étudiée, représentations constituant un cadre identitaire virtuel préfiguré pouvant être projeté sur une interaction interpersonnelle (le prototype européen). Ces représentations ont été abordées grâce la question suivante :

Choose up to five of the following words, which would best describe a "typical" European. (Things which characterise Europeans in general when compared to other groups of people in the world).

Les résultats pour chacune des modalités retenues pour la question fermée du questionnaire final (par ordre décroissant) sont les suivants :

Trait du prototype européen

N° citations / Fréqence de citation..
(bien) éduqué 137 9,8%
multilingue 90 6,5%
libéral 86 6,2%
matérialiste 86 6,2%
amical / accueillant 83 6,0%
ouvert / tolérant 79 5,7%
ambitieux 64 4,6%
écologiste 63 4,5%
travailleur 61 4,4%
fier / arrogant 57 4,1%
laïque 57 4,1%
organisé 56 4,0%
progressif 54 3,9%
traditionaliste / conservateur 53 3,8%
rationnel / calculateur 49 3,5%
pratique / pragmatique 42 3,0%
tourné vers la famille 39 2,8%
riche / prospère 39 2,8%
sens de l’humour 31 2,2%
jovial 29 2,1%
expressif 27 1,9%
détendu 20 1,4%
émotionnel 20 1,4%
romantique 19 1,4%
honnête 19 1,4%
réservé 18 1,3%
gentil 13 0,9%
NOMBRE DE CITATIONS 1391 100%

Ces résultats donnent un aperçu du prototype européen de la population étudiée (vu à travers le prisme des catégories retenues par les membres de l’AEGEE). Cela dit, la portée de ces chiffres ne peut être appréciée qu’en les reliant étroitement à l’énoncé de la question. Demander aux répondants de sélectionner jusqu’à un maximum de cinq adjectifs implique que les résultats obtenus se répartissent prioritairement entre les modalités les plus récurrentes (le « noyau central » de la représentation sociale pour Jean-Claude Abric ). Cependant, la sélection d’un nombre restreint de modalités (vingt-sept) invalide déjà une approche qualitative de ces informations. L’objectif de l’enquête étant d’explorer les liens entre les prototypes européens et les prototypes nationaux, la focalisation des données sur les significations à haute valence rend plus marqués les contrastes entre les différentes strates de la population. Cela facilite les comparaisons entre les significations les plus importantes pour les uns et pour les autres.

Une question à vingt-sept modalités ne présente pas beaucoup de possibilités d’analyse comparative entre des composantes de l’échantillon total, en raison du nombre restreint de réponses pour certaines d’entre elles. Pour cette raison, les résultats obtenus ont été étudiés grâce à la méthode de l’analyse des correspondances multiples, afin de créer une typologie regroupant les modalités fréquemment citées ensemble. La carte factorielle obtenue grâce à cette méthode a permis d’identifier cinq classes, correspondant à cinq profils (regroupements sémantiques de modalités) d’Européen typique :

profil / adjectifs représentatifs du profil
classe 1 amical, détendu, honnête, convivial
classe 2 cultivé, organisé, respectueux, prévoyant
classe 3 expressif, romantique, émotif
classe 4 travailleur, ambitieux, pragmatique, libéral, matérialiste
classe 5 fier, arrogant, conservateur

En croisant ensuite les répartitions entre les profils et les régions du continent européen identifiées précédemment, il est possible de détecter les différences dans la nature du prototype européen (les significations à haute valence) entre les Européens de différentes parties du continent. Le prototype est caractérisé par un consensus relatif entre les régions : toutes identifient tous les profils à une exception près, et les proportions restent plutôt stables pour chaque profil (voir tables en annexe 1). Malgré ces tendances générales, certaines cases du tableau (encadrées ou surlignées) s’écartent de façon significative de l’effectif théorique d’indépendance (chi² = 22,86, degrés de liberté = 12, 1-p = 97,11%). Par exemple, la proportion de ressortissants de la région « Est » qui voit l’Européen typique conforme au profil « classe 1 » (amical, détendu, honnête, convivial) est significativement plus élevée (37% de la région) que celle des autres régions. De la même façon, des correspondances positives significatives peuvent être remarquées entre la région « centre / sud » et le profil « classe 2 » (cultivé, organisé, respectueux, prévoyant) ; et entre la région « nord-ouest » et le profil « classe 3 » (expressif, romantique, émotif). Alors qu’une majorité des ressortissants de l’Europe du centre / sud pense à l’Européen typique en termes du deuxième profil (53%), le troisième profil (bien que majoritairement attribué aux Européens du nord-ouest) est minoritaire parmi cette population (seuls 12% des ressortissants ont recours au profil).

Les quatre nationalités dont le nombre de répondants est le plus élevé, présentent également des différences significatives par rapport au taux de la population citant les différents profils (chi² = 26,42, ddl = 12, 1-p = 99,06% ; voir tables en annexe 2) Cela est vrai même entre des nations classées au sein d’une même région (l’Allemagne et le Royaume-Uni). Ainsi, 45% des Allemands contre 13% des Britanniques (et 37% de l’échantillon total) décrit l’Européen typique conformément au deuxième profil (cité majoritairement par les ressortissants de la région centre / sud). Inversement, 26% des Britanniques voient l’Européen comme expressif, romantique, émotif (classe 3), contre 8% des Allemands et 7% de la population totale.

Pour pouvoir explorer plus en détail le lien entre nationalité et prototype européen, la question suivante était posée vers le début de l’enquête : « Choose five words (positive or negative) to describe people from your country. » (Choisissez cinq adjectifs (positifs ou négatifs) pour décrire les habitants de votre pays.) Cette question ouverte comportait la consigne supplémentaire que la réponse devrait porter sur le caractère ou le comportement des ressortissants du pays. Elle avait pour objectif d’identifier le prototype (ou autostéréotype ) national du répondant. Les autostéréotypes ainsi obtenus sont très clairement contrastés entre les nationalités (des traits cités plusieurs fois par une nationalité ne le sont nulle part ailleurs), et sont sensiblement différents du prototype européen .

Les nationalités aux plus forts effectifs de l’enquête, les Français et les Allemands, semblent suggérer un lien entre la représentation de sa propre nationalité et la représentation de l’Européen typique. Une des particularités du prototype français est que de nombreux répondants caractérisent leurs compatriotes comme « fiers », « ethnocentriques », « chauvins », « nationalistes » et « arrogants » (termes traduits de l’anglais, voir table en annexe 3). Quant à la vision française de l’Européen typique, il a été noté que le cinquième profil identifié (fier, arrogant, conservateur) est cité presque deux fois plus souvent par les Français que la moyenne pour l’échantillon (15,4% des Français contre 7,9% de la population générale étudiée). Pour les Allemands, les traits du prototype national « organisé », « précis », « intelligent », parmi les plus fréquemment cités (voir annexe 3) se rapprochent du deuxième profil (cultivé, organisé, respectueux, prévoyant), cité plus souvent que la moyenne par les Allemands. Pour les Roumains ensuite (n=29), la combinaison de gentillesse et d’hospitalité ressort comme le trait le plus important du prototype national (voir annexe 3). Cela peut expliquer le taux plus élevé que la moyenne de Roumains qui associent à l’Européen typique les traits du premier profil (amical, détendu, honnête, convivial).

Si les résultats relatifs à ces trois nationalités semblent suggérer qu’une partie de leurs ressortissants se représente l’Européen typique à sa propre image, les données britanniques viennent s’opposer à la tendance générale. Les ressortissants du Royaume-Uni citent sensiblement plus souvent que la moyenne le troisième profil d’Européen typique (expressif, romantique, émotif), et significativement moins souvent que la moyenne le deuxième (cultivé, organisé, respectueux, prévoyant). Or, leur prototype national représente la situation inverse : ils se voient comme « prévoyants », « réservés », « fiables » et « polis » (traits qui peuvent être rapprochés au deuxième profil) ou alors « fiers » et « fermés au monde », traits plutôt associés au cinquième profil, pour lequel leur taux de citation est également inférieur à la moyenne.Ils ne se décrivent ni comme « expressifs », ni « romantiques » ni « émotifs ».

Le cas britannique nous défend d’établir un rapport simple entre le prototype national et le prototype européen. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette « exception » britannique , mais l’effectif peu important ne permet pas des analyses supplémentaires fiables à l’intérieur de cette population pour chercher des profils différents. Seules des explications hypothétiques peuvent être évoquées, nécessitant d’autres recherches. A la différence des autres populations examinées, un seul des trente-deux répondants britanniques est membre de l’AEGEE ; il s’agit également du seul étudiant britannique ayant répondu. La moyenne d’âge des répondants (44 ans) est la plus élevée de dix ans par rapport aux trente-deux autres nationalités (la deuxième moyenne la plus élevée est celle des Roumains, à 33 ans, et la moyenne générale est de 27 ans). Compte tenu de ces éléments, il serait intéressant d’explorer plus en détail la manière dont l’âge, la profession et l’attitude envers l’Europe interviennent (ou non) pour influencer le rapport entre les prototypes national et européen. Une autre voie à explorer est celle des modèles européens : y a-t-il une nationalité particulière qui vient à l’esprit des participants lorsqu’ils activent cette catégorie représentationnelle, et, si oui, y a-t-il un lien entre les prototypes ou les stéréotypes de cette nationalité et le prototype européen ? Une enquête future pourrait rendre plus « scientifique » l’analyse des liens entre ces différents prototypes en se servant d’une même question fermée pour identifier les deux prototypes. Il faudrait que cette question ait un nombre très élevé de modalités pour comprendre également les traits des différents prototypes nationaux, et pour rester à la portée de tous elle devrait être traduite dans les langues des répondants. Enfin, une enquête s’intéressant à la population européenne en général et non seulement à une élite d’étudiants devrait viser un échantillon plus important et plus socialement diversifié.

Conclusions
La présente étude a permis de mettre en avant une définition du prototype comme un outil cognitif, permettant à l’individu dans une interaction de préfigurer les caractéristiques de l’autre en tant que membre d’une catégorie sociale. Ce concept est davantage adapté à l’interaction (notamment interculturelle) que la notion de stéréotype car il reflète la flexibilité cognitive de l’individu qui, comme le souligne De Nuchèze, est capable d’adapter sa catégorisation d’autrui aux informations que celui-ci présente au cours d’une rencontre. Le prototype initial (virtuel) correspond à la totalité des représentations de l’individu par rapport à une catégorie sociale. Il comporte un « noyau dur » de profils plus saillants que d’autres, périphériques, et il peut contenir des stéréotypes. L’identité personnelle de l’autre émerge peu à peu du prototype (qui peut intégrer de nouveaux éléments en fonction du comportement de l’autre) par un processus d’élimination des traits qui ne semblent pas adaptés à prévoir ses actes. Ensuite, l’individu peut être amené à réajuster sans cesse sa représentation spécifique à l’autre tout au long de la rencontre, en fonction de son comportement, en se référant au prototype d’origine.

La possibilité de se servir de prototypes européens a été évoquée et plusieurs situations-types dans lesquelles un tel fonctionnement est théoriquement possible ont été identifiées. L’enquête en ligne a permis d’identifier quelques représentations associées à l’Européen en tant que cadre identitaire préfiguré, représentations valables pour les membres de l’association ayant fait l’objet de l’enquête. Malgré un consensus généralisé sur le contenu du prototype européen, des variantes régionales et nationales du prototype européen ont pu être détectées. Cela implique que son utilisation en tant que cadre identitaire prévisionnel peut s’avérer un piège ethnocentrique déconcertant pour des participants à une interaction, susceptibles de perdre leurs repères communs face à des différences inattendues. Enfin, l’activation du prototype et la forme qu’il prend (éventuellement) en tant que cadre identitaire commun sont gouvernées par des questions de saillance identitaire et de contextualisation. Les conditions nécessaires pour qu’un prototype puisse devenir saillant (individuellement ou collectivement) et les facteurs contextuels qui gouvernent les traits retenus comme pertinents sont des problématiques connexes que nous aurons l’occasion de soulever dans la suite de notre projet de recherche.

Annexe 1 - Tables croisées : le prototype européen selon la région

Pourcentages de chaque région :

profil du prototype :
Region / classe n° 1 / classe n° 2 / classe n° 3 / classe n° 4 / classe n° 5 / TOTAL
Nord-Ouest (germanique) 22,0% / 39,0% / 12,0% / 22,0% / 5,0% / 100%
Centre-Sud 20,0% / 52,7% / 0,0% / 20,0% / 7,3% / 100%
Est 36,6% 32,4% / 7,0% / 15,5% / 8,5% / 100%
Sud-Ouest (latin) 27,3% / 28,6% / 5,2% / 27,3% / 11,7% / 100%
TOTAL 26,4% / 37,3% / 6,9% / 21,5% / 7,9% / 100%

La dépendance est significative. Chi² = 22,86, ddl = 12, 1-p = 97,11%.
Les cases encadrées (surlignées) sont celles pour lesquelles l'effectif réel est nettement supérieur (inférieur) à l'effectif théorique.
% de variance expliquée (V de Cramer) : 2,42%

Les valeurs du tableau sont les pourcentages en ligne établis sur 303 citations.

Pourcentages de chaque profil :

profil du prototype :
Region / classe n° 1 / classe n° 2 / classe n° 3 / classe n° 4 / classe n° 5 / TOTAL
Nord-Ouest (germanique) / 27,5% / 34,5% / 57,1% / 33,8% / 20,8% / 33,0%
Centre-Sud / 13,8% / 25,7% / 0,0% / 16,9% / 16,7% / 18,2%
Est / 32,5% / 20,4% / 23,8% / 16,9% / 25,0% / 23,4%
Sud-Ouest (latin) / 26,3% / 19,5% / 19,0% / 32,3% / 37,5% / 25,4%
TOTAL / 100% / 100% / 100% / 100% / 100% / 100%

Les valeurs du tableau sont les pourcentages en colonne établis sur 303 observations.

Annexe 2 - Tables croisées : le prototype européen selon la nationalité

Pourcentages de chaque nationalité :

profil du prototype :
Nationalité / classe n° 1 / classe n° 2 / classe n° 3 / classe n° 4 / classe n° 5 / TOTAL
France 28,8% / 21,2% / 3,8% / 30,8% / 15,4% / 100%
Allemagne 25,0% / 45,0% / 7,5% / 20,0% / 2,5% / 100%
Roumanie 37,9% / 31,0% / 6,9% / 13,8% / 10,3% / 100%
Royaume-Uni 25,8% / 12,9% / 25,8% / 29,0% / 6,5% / 100%
TOTAL 28,9% / 27,6% / 9,9% / 24,3% / 9,2% / 100%

La dépendance est très significative. Chi² = 26,42, ddl = 12, 1-p = 99,06%.
Les cases encadrées (surlignées) sont celles pour lesquelles l'effectif réel est nettement supérieur (inférieur) à l'effectif théorique.
% de variance expliquée (V de Cramer) : 4,30%

Les valeurs du tableau sont les pourcentages en ligne établis sur 156 observations.

Pourcentages de chaque profil :

profil du prototype :
Nationalité / classe n° 1 / classe n° 2 / classe n° 3 / classe n° 4 / classe n° 5 / TOTAL
France 34,1% / 26,2% / 13,3% / 43,2% / 57,1% / 34,2%
Allemagne 22,7% / 42,9% / 20,0% / 21,6% / 7,1% / 26,3%
Roumanie 25,0% / 21,4% / 13,3% / 10,8% / 21,4% / 19,1%
Royaume-Uni 18,2% / 9,5% / 53,3% / 24,3% / 14,3% / 20,4%
TOTAL 100% / 100% / 100% / 100% / 100% / 100%

Les valeurs du tableau sont les pourcentages en colonne établis sur 156 observations.

Annexe 3 - les prototypes nationaux :

Traits du prototype national français / Nombre de fois cité
18 fier
14 égoïste / ethnocentrique
11 fermé / ignorant
8 chauvin
7 irritable ; amical / accueillant ; arrogant ; mécontent
6 individualiste / indépendant ; intelligent / cultivé ; nationaliste / patriotique ; paresseux / posé ; convivial / festif
5 stricte / sérieux / bureaucrate ; gastronome / raffiné / cosmopolite ; tolérant / ouvert
4 passionné / latin ; entrepreneur / travailleur ; distant ; critique / antagoniste ; pessimiste ; traditionnel / conservateur
3 détendu ; joyeux ; créatif / plein d’imagination ; bavard ; ennuyeux / routinier ; gourmand / matérialiste
2 désordonné / peu soigné ; mauvais linguiste ; confiant en soi ; curieux ; généreux ; ambitieux ; têtu ; poli / à l'heure ; excessif (alcool / sexe)
1 économe ; drôle ; timide ; peu écologiste ; bruyant ; flexible ; xénophobe ; tendance à juger ; laïque ; idéologue ; réaliste ; sain ; hésitant ; pacifiste ; attrayant
TOTAL OBSERVATIONS 55

Traits du prototype national allemand / nombre de fois cité
9 organise / professionnel ; précis ; amical / accueillant
8 intelligent / intellectuel / distrait
7 ouvert / tolérant ; travailleur (excessif)
6 stricte / sévère / sérieux ; drôle
5 à l'heure ; fiable
4 inflexible / têtu ; volontaire / curieux ; réservé ; poli ; froid
3 pessimiste / sceptique ; traditionaliste / conservateur ; propre / ordonné ; bureaucrate / volonté de maîtriser ; honteux de l’histoire nationale ; festif / buveur de bière ; direct ; dépourvu d'humour
2 pragmatique ; obéissant ; têtu ; écologiste ; fermé ; égoïste ; voyageur ; individualiste ; respectueux ; chaleureux / fidèle ; matérialiste / gourmand ; honnête ; stupide ; ambitieux ; attrayant ; paresseux ; économe ; triste
1 consensuel ; peu spontané ; crédible ; riche ; anti-autoritaire ; prévoyant ; ennuyeux ; bavard ; fou ; exigeant ; prudent ; gâté ; confiant en soi ; timide ; jaloux
TOTAL OBSERVATIONS 40

Traits du prototype national roumain / nombre de fois cité
19 amical / accueillant / honnête
10 intelligent / éduqué
7 travailleur ; drôle ; malhonnête / corrompu / peu fiable / égoïste ; curieux / méfiant
6 créatif
5
dynamique / motivé ; flexible ; paresseux

4
pauvre / simple ; pessimiste / fataliste ; impatient / mécontent / jaloux
3 beau / attrayant ; religieux ; festif / joyeux ; ouvert / tolérant ; honnête / fiable
2 intéressé par l’argent ; passionné / latin ; conservateur / traditionaliste ; têtu ; tourné vers la famille
1 modeste ; pragmatique ; impoli ; fier ; nationaliste / patriotique ; superficiel ; cosmopolite ; fermé ; naïf
TOTAL OBSERVATIONS 29

Traits du prototype national anglais / nombre de fois cité
11 gentil / serviable
9 réservé
7 fier ;
modéré / apathique
6 fermé / insulaire ; fort / fiable / solide ; soucieux / méfiant / pessimiste
5 drôle ; survivant / stoïque ; poli 5 ; amical ; ennuyeux / prévisible
4 hooligan ; intolérant / fermé ; nationaliste / patriotique ; tolérant ; gros / gourmand
3 matérialiste ; pragmatique ; étrange ; conservateur ; sensible ; travailleur
2 intelligent 2 ; critique / cynique ; individualiste / ambitieux ; détendu ; sociable
1 intéressant ; libéral ; riche ; agressif ; honorable ; conscient de la classe sociale ; propre ; urbain ; cosmopolite ; créatif ; honnête ;
dynamique ; ignorant ; paresseux ; arrogant ; irreligieux ;sentimental
TOTAL OBSERVATIONS 32


NB- Certains tableaux détaillés, ainsi que l'appareil critique relatifs à cette communication ne figurent pas ici mais apparaîtront dans la version papier des Actes du colloque en été 2006.

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